Les enfants atteints d'affections neurologiques plus vulnérables au changement climatique

Les enfants souffrant d'affections neurologiques ou de troubles du développement sont particulièrement exposés aux conséquences du changement climatique, alertent des neuropédiatres dans un article scientifique publié dans la revue "European Journal of Paediatric Neurology".

Les vagues de chaleur, la pollution atmosphérique, les phénomènes météorologiques extrêmes ou encore les perturbations dans l'accès aux soins et aux médicaments peuvent avoir des conséquences plus graves chez ces jeunes patients atteints notamment d'épilepsie, de migraine ou de troubles du développement.
"Les enfants sont exposés à des risques spécifiques liés au changement climatique", souligne la professeure Tessa Wassenberg, chercheuse à la VUB et à l'UZ Brussel et coauteure de l'étude. "Leur organisme régule moins bien la température corporelle et ils se déshydratent plus facilement. Pour les enfants atteints d'affections neurologiques, les risques sont encore plus importants car ils dépendent souvent de médicaments, de technologies médicales et d'un suivi spécialisé régulier."
Selon les auteurs, la chaleur peut ainsi déclencher ou aggraver des crises dans certaines formes d'épilepsie. La pollution de l'air et les températures extrêmes sont également associées à une augmentation des migraines et des troubles du comportement, ainsi qu'à de possibles effets sur le développement du cerveau.
Les chercheurs distinguent des effets directs, liés notamment aux vagues de chaleur, inondations, sécheresses ou tempêtes, et des effets indirects tels qu'une exposition accrue à la pollution, aux allergènes et aux maladies infectieuses.
"Parce qu'ils ont encore toute leur vie devant eux, les enfants seront davantage exposés, de manière cumulative, aux extrêmes climatiques que les adultes d'aujourd'hui", affirment les auteurs. Au-delà des problèmes de santé aigus, ces effets pourraient influencer leur développement, leur parcours scolaire, leur santé mentale et l'équilibre familial.
Dans l'article, l'équipe de recherche appelle également le secteur des soins de santé à réduire son empreinte environnementale tout en renforçant sa capacité à faire face aux chocs climatiques. Les auteurs plaident notamment pour des hôpitaux plus durables, une réduction du gaspillage et une meilleure préparation aux perturbations susceptibles d'affecter l'approvisionnement en médicaments ou en matériel médical.
Cette publication est le fruit d'un travail mené par un groupe international d'experts en neuropédiatrie affiliés à l'European Paediatric Neurology Society (EPNS), en collaboration avec un climatologue.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.