L’édition de février de la Revue médicale suisse est consacrée à la pédiatrie sociale et communautaire. Cette approche considère l’enfant et l’adolescent non seulement comme des individus isolés lors de la consultation, mais aussi comme des acteurs au sein d’interactions dynamiques et évolutives avec leur environnement familial, social, scolaire et médical.
«Bien qu’essentielle pour prévenir des comorbidités biopsychosociales très coûteuses autant pour le patient et sa famille que pour notre système de santé, la pédiatrie sociale et communautaire est encore trop souvent habituée à faire beaucoup avec peu de moyens. Elle est ainsi largement sous-dotée, car peu rémunératrice (peu d’actes facturables, temps d’échange entre professionnels financièrement peu valorisés). Toutefois, les jeunes générations de médecins sont aujourd’hui mieux formées à cette nouvelle médecine qui demande des compétences multiples et beaucoup d’engagement malgré le peu de reconnaissance financière et sociale dans un monde qui valorise l’hypertechnologie», soulignent les éditorialistes, Valérie Schwitzgebel et al.
Dans ce numéro, Marine Jequier Gyghax et coll. (1) expliquent que la maltraitance (physique, psychologique ou liée à la négligence parentale) résulte le plus souvent de l’interaction de multiples facteurs de risque, tels que la dépression parentale, le stress ou l’isolement social.
«Quand les parents ne sont plus en mesure de répondre aux besoins de leurs enfants, le stress psychosocial peut avoir un impact sur leur neurodéveloppement. Toutefois, même avant ou durant la grossesse, le stress est associé à des altérations du développement cérébral fœtal et du comportement de l’enfant par la suite. Par ailleurs, alors que le fonctionnement familial a un impact sur le neurodéveloppement (sommeil, activité physique, écrans), les troubles du développement peuvent mettre à mal la santé mentale familiale. La relation entre stress psychosocial et neurodéveloppement est donc bidirectionnelle et demande une vigilance importante de la part des professionnels de premier recours. La prise en charge de ces situations repose ainsi sur la détection précoce des situations à risque et sur la mise en place d’un soutien attentif et bienveillant», expliquent-ils.







